C. TRANSMISSION

La transmission peut s'effectuer avec ou sans câbles. Le câble est le support essentiel de la transmission entre deux réseaux, celui-ci diffère suivant le type de réseau.

1.    Transmission par câble

n  La paire de fils torsadée (UTP/STP) : encore le médium de transmission de données le plus répandu pour les accès LAN. Il est réalisé à partir de paires de fils électriques, parfois blindés. Ce câble est employé notamment par les technologies Ethernet xBase-T. Il supporte des débits de 10 Mbps (Cat.3) jusqu'à 40 Gbps (Cat.8) sur des distances de 30 à 100 mètres.

n  Le câble coaxial : spécialement conditionné et isolé (le conducteur central est appelé âme), il est capable de transmettre des données à grande vitesse mais en contexte LAN moderne, le coax n’est plus utilisé. Il est encore utilisé dans les réseaux câblés HFC (câble TV + Internet) avec la technologie DOCSIS.

n  La fibre optique : permet de transmettre d'énormes volumes de données à la vitesse de la lumière à travers de fins fils de verre ou de plastique. Elle remplace de plus en plus rapidement tous les autres types de câble pour les longues distances et les débits élevés. C'est le support de prédilection pour les backbones d'entreprise, les liaisons WAN et les déploiements FTTH.

n  Les courants porteurs en ligne (CPL) : permettent le transfert d'information via les fils électriques existants. Dans cette technologie, le signal passe par induction sur les phases électriques. Les adaptateurs CPL se branchent directement sur les prises électriques. Les normes HomePlug AV et IEEE 1901 offrent des débits jusqu'à 500 Mbps. La norme G.hn (ITU-T) de dernière génération atteint 2 Gbps.

2.    Transmission sans câble

Plusieurs méthodes permettent la transmission sans câble :

n  La transmission par ondes infrarouges : à courte distance, basée sur la fréquence de la lumière, utilise une radiation électromagnétique d'une longueur d'onde située entre celle de la lumière visible et celles des ondes radio. Utilisée essentiellement pour les télécommandes et les courtes distances. Très peu utilisée en réseau informatique.

n  La transmission par ondes terrestres (liaisons hertziennes) : projette des données dans l'espace par l'intermédiaire de signaux radio à haute fréquence de l'ordre de 1 000 mégahertz (1 GHz). Les données peuvent être transmises sur une route terrestre par des répétiteurs distants d'environ 40 kilomètres. Ces liaisons sont utilisées pour les backbones WAN des opérateurs télécoms.

n  Les ondes radio pour réseau cellulaire : utilisent les hautes fréquences radio. Des antennes sont placées géographiquement dans une région pour transférer le signal d'un poste à l'autre. L'évolution des réseaux cellulaires a conduit aux générations 2G, 3G, 4G LTE et 5G.

n  Le Wi-Fi (IEEE 802.11) : est un réseau WLAN (Wireless LAN) utilisant des fréquences spécifiques des ondes terrestres. Les normes IEEE 802.11 ont considérablement évolué depuis les premières versions : Wi-Fi 4 (802.11n, jusqu'à 600 Mbps), Wi-Fi 5 (802.11ac, jusqu'à 3,5 Gbps), Wi-Fi 6 (802.11ax, jusqu'à 9,6 Gbps), Wi-Fi 6E (extension sur 6 GHz) et Wi-Fi 7 (802.11be, jusqu'à 46 Gbps théoriques). La portée varie de 30 à 150 m selon l'environnement.

n  Le Bluetooth : permet l'échange bidirectionnel de données à courte distance en utilisant des ondes radio UHF à 2,4 GHz. Il simplifie les connexions entre appareils proches en supprimant les liaisons filaires. (Bluetooth est inspiré du nom d'un roi viking Harald Blåtan, dont le logo représente les initiales en alphabet runique.) La version Bluetooth 5.x atteint 2 Mbps avec une portée de 200 m.

n  Le WiMAX (IEEE 802.16) : est un réseau de transmission de données à haut débit par voie hertzienne, conçu pour couvrir de larges zones géographiques (jusqu'à 50 km de rayon). Il a été déployé dans les années 2000 comme alternative au DSL en zones rurales. Il est aujourd'hui largement abandonné, remplacé par les réseaux 4G LTE et 5G pour les accès sans fil longue distance.

n  La transmission par satellite : a l'avantage de permettre la connexion de zones difficiles d'accès pour les autres médias. On distingue les satellites géostationnaires (GEO, à 36 000 km d'altitude), qui offrent une couverture mondiale mais avec une latence élevée (~600 ms), des constellations LEO (Low Earth Orbit) en orbite basse.

Starlink et les constellations LEO

Le réseau Starlink (SpaceX) est le plus avancé des systèmes satellitaires LEO, avec plus de 6 000 satellites actifs en orbite entre 550 et 570 km d'altitude (objectif : 42 000 satellites). Les débits atteignent en 2025 entre 100 et 300 Mbps en descente pour 20 à 50 Mbps en montée, avec des latences de 20 à 40 ms — comparables à l'ADSL. Starlink est désormais disponible dans plus de 100 pays. D'autres constellations sont en cours de déploiement : OneWeb (Eutelsat), Amazon Kuiper, Telesat Lightspeed.

3.    Unités de débit

Les débits réseau se mesurent en bits par seconde (bit/s ou bps). Le tableau ci-dessous récapitule les unités utilisées dans le Système International (SI) :

Fig. 2 — Unités de débit binaire (Source : Wikipédia)

ℹ Débit théorique vs débit réel

Le débit affiché par une norme (ex. : 1 Gbps pour Ethernet gigabit) est le débit brut théorique. Le débit réel (throughput) est toujours inférieur du fait des en-têtes de protocoles, des mécanismes de contrôle, des collisions éventuelles et de l'overhead de chiffrement. En pratique, on observe typiquement 60 à 90 % du débit nominal sur un réseau bien dimensionné.

Modifié le: vendredi 20 mars 2026, 10:04